Les Petits Chaperons Rouges
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. Les avantages de la vie en collectivité

La vie en collectivité fait parfois craindre aux parents une plus grande vulnérabilité aux maladies infantiles. Pourtant faire garder son enfant à la crèche ne doit pas être perçu comme un risque. Les avantages sont nombreux.

Rencontre avec le Professeur Casanova, pédiatre à l’hopital Necker à Paris.


Quel est l’impact de la collectivité sur la santé des enfants ?
Il faut d’abord rappeler que ce mode de garde est particulièrement utilisé dans les pays développés et notamment en France.
La vie en collectivité chez les tout-petits a confronté les pédiatres aux problèmes d’infections plus précoces, propagées plus rapidement en collectivité qu’à domicile. L’enfance est une période favorable aux maladies infectieuses. La vie en crèche a avancé l’âge de la première infection, pour bon nombre de maladies infantiles.

Est-ce un bien ou un mal ?
On dispose de peu de données globales à ce sujet, mais on sait que pour telle ou telle infection, c’est parfois une mauvaise chose et souvent une bonne chose.  Par exemple la varicelle qui était généralement développée à tous les âges de la vie, apparaît aujourd’hui fréquemment dans les 18 premiers mois de vie. Ainsi, beaucoup de maladies infectieuses, comme la varicelle et la mononucléose infectieuse, sont nettement  moins graves si on les développe plus tôt. Ces maladies sont beaucoup moins bien tolérées cliniquement à 15 ou 20 ans que pendant la petite enfance.

Les parents sont-ils plus attentifs qu’avant aux recommandations des pédiatres ? Ont-ils des attentes particulières ?
Les pédiatres, en tout cas, ont toujours été très attentifs à ce que disent les parents. Qui en effet connaît mieux son enfant qu’une maman ? Il y a entre eux une relation de confiance bien établie. Depuis 15 ans que je suis pédiatre, je n’ai pas vu de modification du comportement. Les parents nous demandent ainsi régulièrement notre avis sur l’entrée en crèche de leur enfant.

Quels sont, d’après vous, les avantages d’un accueil en crèche ?
Je n’y vois pas beaucoup d’inconvénients, j’y vois au contraire de nombreux avantages. La socialisation tout d’abord avec tout ce qu’elle implique comme l’apprentissage de la vie en collectivité, mais aussi le fait d’être encadré par du personnel qualifié et de proposer aux enfants de nombreuses activités d’éveil.
Cela me semble également une très bonne complémentarité à la vie familiale. La notion de complémentarité et non de concurrence est excellente pour le développement de l’enfant.
Le contre exemple de l’enfant sans famille, ni crèche, est « l’enfant sauvage », où pas de contacts équivaut à pas de langage donc pas de compréhension ni de développement.

Quels sont, selon vous, les éléments clés à mettre en place afin que l’éveil du jeune enfant se fasse dans les meilleures conditions ?
L’éveil du jeune enfant passe par la stimulation de son organisme, tant au plan physique que psychologique et sensoriel. C’est une mission qui se réalise bien sûr à la maison, en famille, et de façon complémentaire en crèche.
La crèche est une sorte de sas de préparation à l’école maternelle, un apprentissage de l’apprentissage d’une certaine façon, qui facilitera les étapes ultérieures de la vie scolaire et sociale. C’est la première étape de notre système éducatif, elle est d’autant plus importante que le jeune enfant assimile énormément à cet âge là.

Biographie :
Jean-Laurent Casanova est cofondateur et codirecteur du Laboratoire de Génétique Humaine des maladies infectieuses à l’Université de Paris René Descartes - INSERM U550. Professeur des Universités et praticien hospitalier au service d'immunologie et d'hématologie pédiatrique de l'Hôpital Necker - Enfants malades, il est membre de l'Institut Universitaire de France et du Conseil Pédagogique des Petits Chaperons Rouges.