L’équipe d’une de nos crèches a souhaité répondre favorablement à la demande d’accueil d’une petite fille déficiente visuelle.
Les deux intervenantes du projet, Magalie Genest éducatrice de jeunes enfants et Chrystel Toogood directrice de la structure expliquent les conditions de cet accueil.
Dans quelles circonstances avez-vous eu à accueillir cet enfant ?
Nous avons reçu la demande d’une famille pour accueillir leur fille atteinte d’une déficience visuelle. Nous disposions d’une place d’enfant handicapé, nous avons commencé par réfléchir à l’accueil que nous pouvions proposer à cette petite fille et à sa famille en amont de son arrivée à la crèche. Nous nous sommes renseignés sur sa pathologie et sur l’accompagnement des enfants malvoyants.
Comment avez-vous préparé son arrivée ?
Le rendez-vous d’inscription avec la famille nous a permis de recueillir des informations plus précises et plus individualisées sur ses besoins. Parallèlement, Nous avons pris contact avec différentes associations qui nous ont envoyé des informations sur l’accueil de l’enfant malvoyant.
Durant la période d’adaptation nous avons pris le temps de faire connaissance, d’écouter la maman. L’observation de cette enfant, nous a permis de nous rendre compte qu’elle était très à l’aise lors de ses déplacements dans la pièce et dans sa préhension des objets.
Nous voulions répondre le plus justement possible aux besoins de cette enfant le temps de son accueil à la crèche, mais aussi accompagner sa famille qui semblait démunie face au handicap de leur fille.
Quels aménagements avez-vous mis en place ?
Nous avons constaté qu’il lui était difficile à certains moments d’apprécier les distances et de bien appréhender les rebords des marches.
Nous avons l’habitude de donner oralement beaucoup d’explications. Avec elle, il était impératif d’être encore plus explicite. Par exemple, en lui signalant qu’il y a beaucoup ou peu d’enfants dans la zone de jeux. Peu à peu, elle a trouvé ses propres repères. Nous avons ainsi pu observer qu’elle avait de moins en moins de difficultés de perception dans cet environnement qu’elle connaissait mieux. Il est important de travailler sur les repères, en terme d’espace et d’habitudes de vie. Mais, il faut en même temps la laisser évoluer librement et lui donner la possibilité, au même titre que les autres enfants, de pouvoir faire par elle-même. Un enfant privé d’un de ses sens, en développe d’autres pour compenser ce manque. Notre travail consiste à lui donner les moyens de trouver de la matière à expérimenter et l’inciter à découvrir l’environnement qui l’entoure.
Quelles sont les mesures spécifiques qui s’imposent dans ce cas ?
En accord avec la famille, nous avons pris contact avec le S.A.F.E.P (le Service d'Accompagnement Familial et d'Education Précoce) qui assure la prise en charge de l'enfant de la naissance à 3 ans. L’objectif est d’offrir le meilleur accompagnement spécifique proposé par une équipe pluridisciplinaire.
Quels enseignements votre équipe tire de cette expérience ?
Cette petite fille a aujourd’hui quitté la crèche et nous nous préparons à accueillir un autre enfant porteur d’un handicap. L’équipe sait maintenant que grâce aux intervenants extérieurs nous sommes parfaitement en mesure de proposer ce type d’accompagnement, sans crainte.
Biographie :
Chrystel Toogood, titulaire du diplôme d'état d'infirmière et d'un diplôme d'état en réanimation néonatale et soins au nouveau né, exerce pendant 13 ans en Angleterre dans un service de réanimation néonatale, d'abord en tant qu'infirmière spécialisée, puis à un poste d’encadrement d'infirmière référente.
En 2003, de retour en France, elle intègre un service de réanimation néonatal de niveau 3 en Rhône Alpes. Au sein de l'équipe du SAMU néonatal, elle assure le transport par route et par hélicoptère, des nouveaux nés et nourrissons vers les structures équipées pour la réanimation.
En 2007, Chrystel Toogood rejoint Les Petits Chaperons Rouges en tant que directrice de crèche. |