Quel est l’impact du jeu sur le développement de l’enfant ?
Universel, le jeu est observé chez tous les enfants du monde. C’est au travers du jeu que l’enfant va découvrir son environnement, apprendre à mobiliser son corps, à utiliser des objets, à entrer en relation avec les autres, à se connaitre soi, etc. Le jeu est le plus grand vecteur d’apprentissage pour l’enfant. Mais au-delà de cela, il est avant tout un baromètre de bonne santé !
Avant de rentrer dans le vif du sujet, faisons un petit point sur ce dont l’enfant a besoin pour jouer :
- Se sentir en confiance, auprès d’adultes réconfortants, bienveillants et fiables
- Avoir du temps, car il aura besoin de se concentrer et de répéter plusieurs fois les mêmes expériences
- Être en sécurité dans des espaces dédiés
- Pouvoir manipuler des jouets et des objets « jouets » qui ne sont pas toujours ceux à quoi on pense en tant qu’adulte : boites de cartons remplies de vêtements, papiers à froisser, tissus pour se cacher, …
- Être au contact de partenaires pour partager et /ou imiter, inventer…
- Être avec des adultes qui valorisent le jeu, qui me font confiance dans mes capacités et me sécurisent.
L’enfant a surtout besoin que son environnement reconnaisse à cette activité l’importance qui lui revient. Dans les crèches, l’environnement et l’aménagement sont pensés pour favoriser le jeu !
Comment les jouets impactent-ils le développement des enfants ?
De nombreux parents se questionnent sur « quoi » donner à leur enfant pour qu’il joue. Identifier les jouets qui seront à la fois source de plaisir, de découverte et d’apprentissage pour les enfants reste parfois complexe pour les parents. Et pourtant ce n’est pas si difficile que ça. Les enfants sont de vrais explorateurs : pour eux, tout est à découvrir. Toute expérience est une source inépuisable d’apprentissage et d’exploration. Et donc tout objet que l’on met dans la main de l’enfant devient un jouet donc un objet d’exploration, d’apprentissages divers et variés.
Prenons l’exemple d’une cuillère en bois : l’enfant va pouvoir explorer la matière, découvrir le bois, utiliser sa main pour soutenir cet objet donc explorer sa force, expérimenter le poids de l’objet. Il va explorer sa forme, peut-être même essayer de la mettre dans une boite ou un pot et ainsi expérimenter le volume. Il va l’utiliser pour taper le sol ou d’autres objets découvrant ainsi différents sons. Puis plus tard il va utiliser cette cuillère en bois pour faire la « soupe »…
Grâce aux apports des neurosciences, nous savons désormais que plus nous proposons aux enfants des objets sécures issus de la vie quotidienne, et/ou des objets avec peu de stimulations sensorielles (A bas les jouets électroniques trop stimulants !), plus les enfants vont pouvoir développer leur créativité et leur esprit scientifique.
L’adulte a un rôle très important dans ce qu’il va proposer à l’enfant et cela aura un impact direct sur le développement de l’enfant.
« Le contact réel avec la nature est essentiel à mon développement. »
De même, que les objets trop stimulants vont fatigués l’enfant et le restreindre dans son exploration, un manque de contact avec la nature aura un impact certain également. Nous savons qu’aller dehors réduit considérablement les maladies ORL, augmente les défenses immunitaires, favorise le sommeil et contribue à réduire le stress. Mais c’est aussi un champ incroyable de possibilité de jeu et donc de découvertes et d’apprentissage.
Au contact de la nature, votre enfant (dès son plus jeune âge) va découvrir le monde réel, explorer sa créativité en touchant, mélangeant ce qu’il trouve dans la nature. Il pourra expérimenter sa motricité sur des surfaces qui ne sont pas toutes planes, et donc, il pourra relever des défis moteurs et expérimenter son corps, ses possibilités. Au travers du regard bienveillant et encourageant de l’adulte c’est sa confiance en soi et en ses capacités qui seront soutenues. Et ne négligeons pas qu’avec ce type de proposition nous favorisons la préservation de notre nature, car plus les enfants prennent du plaisir à jouer avec la nature, plus ils vont l’aimez et la protégez.
Comment le jeu contribue au développement social de l’enfant ?
Jeu et développement de l’enfant sont entremêlés : l’enfant se développe au travers du jeu, et le jeu est un grand vecteur de développement. Le jeu permet de développer sa créativité, d’enrichir ses modes d’expression. Il permet de nombreux apprentissages cognitifs, langagiers et le développement de la motricité globale et fine. Il offre à l’enfant la possibilité d’exercer sa pensée critique et son ingéniosité ; et développe l’estime de soi.
Il arrive fréquemment que l’enfant parle tout seul en jouant, expliquant à ses jouets ce qu’il fait, ce qui se passe. C’est pour lui l’occasion de s’exercer à de nouveaux mots entendus. L’acquisition du langage est d’ailleurs plus rapide lorsqu’il est soutenu par des fonctions ludiques. Le jeu permet à l’enfant d’entretenir une communication, de revivre certaines émotions, certaines situations qu’il a vu ou vécu. Imiter les adultes (qui sont ses modèles) et donc s’approprier petit à petit les codes relationnels, les règles de communication, les règles de la vie en collectivité etc.
Le jeu est une activité sociale par excellence. Les enfants apprennent à interagir et à résoudre des conflits en jouant avec leurs pairs. Ces interactions contribuent au développement des compétences sociales essentielles telles que la communication, la coopération, et la compréhension des émotions. Les jeux de groupe, en particulier, favorisent la construction de relations sociales durables. Néanmoins, l’adulte en tant que médiateur du jeu et de la relation est indispensable pour accompagner l’enfant à s’approprier les codes de la construction de la relation à l’autre.
L’intérêt et importance du jeu coopératif
Le jeu coopératif, une dimension souvent sous-estimée du développement de l’enfant, joue un rôle crucial dans la construction de compétences sociales, émotionnelles et cognitives. Le jeu coopératif encourage les enfants à « faire » ensemble, à résoudre des problèmes, et à partager des expériences. Cet article explore les nombreux avantages de cette forme de jeu, soulignant son impact positif sur le développement global de l’enfant.
Le jeu coopératif favorise le développement de l’empathie : les enfants apprennent à reconnaître et à répondre aux besoins des autres, à partager équitablement, et à prendre en considération les sentiments de leurs camarades. L’adulte a alors un rôle de médiateur dans la relation et dans l’animation des jeux coopératifs.
Le concept du jeu, pour découvrir, grandir… et pour le plaisir !
« Le jeu devrait être considéré comme l’activité la plus sérieuse des enfants » Montaigne
Dès son plus jeune âge, l’enfant se développe en alternant des phases d’éveil et des phases liées à d’autres besoins comme la faim, le sommeil, le besoin d’attachement…
Si chez le nourrisson les phases d’éveil sont très entrecoupées, elles gagnent en durée avec l’âge. Ces phases d’éveil sont très riches en découvertes et acquisitions : l’enfant manipule, écoute, imite et reproduit, crée et imagine. Par le jeu, il cherche à entrer en relation, il découvre les mécanismes de cause à effet ou le fonctionnement du monde qui l’entoure et les adultes qui l’accompagnent.
- Le jeu, c’est aussi et surtout expérimenter le plaisir !
- Avant 8 mois, les jeux seront liés à la découverte du corps, aux stimulations sensorielles.
De 8 à 18 mois, l’enfant explore l’espace dans lequel il commence à s’aventurer. Il manipule les objets, et trouve son plaisir dans les jeux, notamment, de « coucou-caché » et aussi dans tout ce qui est lié au transvasement.
Le jeu est d’abord solitaire : les enfants jouent côte à côte, sans interagir mais l’imitation est souvent bien présente. Puis il devient associatif : vers 4 ans, le jeu devient coopératif et « social ».
Jouer, oui, mais il y a des astuces en fonction de l’âge !
Faire un choix dans les propositions mises à disposition de l’enfant : un sol couvert de jouets n’aide l’enfant ni à faire son choix, ni à se concentrer.
Il est recommandé d’alterner les temps de jeux autonomes (les enfants jouent avec les jeux à leur disposition) et les temps de jeux proposés (jeux où l’accompagnement de l’adulte est nécessaire comme la peinture, les paniers à trésors, l’art naturel, etc.)
Il est impératif de choisir des jeux de taille, poids, et volume adaptés au développement psychomoteur de l’enfant. Chez le tout petit, jusqu’à 8 mois, les jouets seront légers (poids inférieur à 80 grammes), minces pouvant être saisis aisément et non roulants, présentant en surface des sensations variées. (les jeux roulants pourront être proposés dès lors que l’enfant se déplace).
Attention à la taille des jouets, préférez des objets que l’enfant ne risque pas d’avaler.
Il n’y a pas besoin de gros investissements financier dans l’achat de jouet. Les enfants sont capables de jouer très longtemps avec un contenant en plastique et un peu d’eau, une cuillère… des ustensiles de cuisine en bois, des objets de la vie quotidienne ne présentant pas de danger pour l’enfant.
Comment accompagner le jeu chez l’enfant ?
L’enfant aime jouer, c’est primordial pour lui. Il aime également partager son plaisir de jouer avec vous. Votre regard, votre présence, votre participation sont essentiels pour qu’il se sente bien dans son jeu et s’éveille.
- Donner à jouer : apporter et fournir le matériel complémentaire au jouet. Être présent et chaleureux.
- Laisser jouer : laisser l’enfant être maître du jeu. Regarder, comprendre, écouter, observer ce que l’enfant vit au travers du jeu. Pour développer son intelligence l’enfant a besoin d’expérimenter par lui même
- Faire jouer : organiser l’espace (préparer et anticiper le matériel nécessaire), préférez un espace dédié au jeu dans le salon délimité par un petit tapis plutôt qu’un parc dans lequel votre enfant risque de se sentir seul et de ne pas jouer. Optimiser le temps pour chacun, encourager et motiver
- Garantir la sécurité : respecter l’utilisation de l’objet jeu sans risque pour bébé, tout en lui permettant de le détourner de son objectif initial. Par exemple, une maraca devient un téléphone, une cuillère en bois et une boite en plastique un tambour.
- Jouer avec : participer au jeu si l’enfant vous sollicite (si ce n’est pas le cas, rester disponible pour lui). Savoir entrer dans le jeu sans bouleverser les équilibres. Encourager tous les enfants à participer aux différents types de jeux.
« On jouera peut-être avec l’air du temps, à renifler l’odeur des poireaux qui cuisent dans la marmite ? Peut-être aussi avec les fissures du plancher qui, vues de près, ressemblent drôlement aux canyons du Colorado ? On jouera, à rien faire, ou à trainer notre grippe au bout d’une ficelle, quand on sera mal fichus. On jouera à mentir pour de vrai et à se taper dessus. On jouera à avoir peur et puis à écouter, planqués au fond d’un placard, les cris des adultes qui croient qu’on est perdus ? … » J. Epstein
—
Pour résumer : « L’enfant ne joue pas pour apprendre mais apprend parce qu’il joue ». Le jeu est un vecteur d’apprentissage, il est source de plaisir et bien-être chez le tout-petit. Il permet de découvrir le monde, à la fois matériel et humain. L’adulte a un rôle indispensable dans le jeu de l’enfant : il ne peut se substituer au jouet, il est le médiateur du jeu. Par sa bienveillance, son intérêt pour ce que fait l’enfant, il contribue au développement du tout-petit.
Vous l’aurez compris, tout ce que l’on met dans la main de l’enfant devient un jouet, qui devient un jeu et qui contribue au développement global et harmonieux des enfants.
Ps : les âges donnés le sont à titre indicatif
.
Mis à jour le 11 juin 2026