Le refus alimentaire

Les cris, les «Pas faimmmm», les cuillères volantes, le repas qui a été préparé avec amour et qui finit en décoration sur nos beaux murs blancs… Que faire lorsque notre enfant refuse de manger ? Emilie, Infirmière Puéricultrice pour le service DoudouCare nous conseille.

L’appétit des enfants peut changer d’une journée à l’autre. Néanmoins, la constante reste la même : un enfant en bonne santé mange en fonction de ses besoins.

La néophobie alimentaire

Vers l’âge de deux ans, l’enfant peut développer un sentiment de peur face à de nouveaux aliments : on parle de néophobie alimentaire. Les enfants présentent alors une grande réticence à goûter les aliments inconnus. Et lorsqu’ils acceptent de les goûter, ils ont tendance à les trouver mauvais. Cette néophobie se manifeste par divers comportements : tri des aliments mélangés, refus de goûter, réflexes de vomissements … Le déclenchement coïncide en général avec l’acquisition du « non » et la recherche d’une certaine autonomie. L’enfant désire faire ses propres choix. C’est le moment où il peut refuser de manger certaines catégories d’aliments, ou souhaite se nourrir qu’entre les repas ou au goûter. L’enfant n’est pas « difficile » mais il traverse une étape normale du développement de son goût.

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La néophobie alimentaire coïncide en général avec l’acquisition du « non » et la recherche d’une certaine autonomie. L’enfant désire faire ses propres choix.

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Mes 8 conseils d'infirmière puéricultrice pour des repas sereins

1- Présentez plusieurs fois le même aliment à l’enfant et ce, même s’il n’a pas été bien reçu la première fois. Soyez patient, cela peut demander jusqu’à 15 à 20 fois ! Mais gare à ne pas le saturer avec ces aliments rejetés. Il est préférable de les présenter 3 ou 4 fois par mois. A chaque fois, proposez la même présentation : cette même forme permet aux enfants de se familiariser avec ces aliments et de constituer des points de repère.

2- Créez un climat agréable pour le repas et ne forcez pas les enfants à goûter. Ils ont tendance à associer le contexte à l’aliment. Limitez les distractions à table (télévision, radio, jouets). Le repas peut devenir un moment de discussion en famille.

3- Mettez des mots sur les aliments et sur leur description. Les enfants se familiariseront avec les aliments et seront plus en mesure d’identifier ce qu’ils apprécient ou non, d’exprimer leurs goûts et d’adopter une attitude nuancée lorsque de nouveaux plats sont servis. Pourquoi ne pas aller acheter des aliments avec l’enfant ?

4- Organisez avec vos enfants des ateliers autour de la cuisine. Cuisiner des aliments peut procurer du plaisir :-)

5- Proposez le menu entier. Que l’enfant décide de manger ou non, l’ensemble du menu prévu lui est proposé. D’abord une petite entrée, des crudités par exemple. Ensuite le plat, puis le dessert. L’assiette est déposée devant l’enfant, qui goûte ou non, à sa convenance. Ne compensez pas par un autre aliment lorsque l’enfant a refusé son plat (2 fromages ou 2 desserts par exemple). Il n’est pas privé de son dessert pour autant.

6- Soyez indulgent. Servez des aliments faciles à manger, et tant pis si l’enfant a du mal à utiliser sa fourchette ou sa cuillère. Lorsque c’est le moment de débarrasser l’assiette (au bout de 20 à 30 min environ), elle est retirée sans commentaire et même s’il n’y a pas touché. N’insistez pas pour qu’il la finisse, ni pour qu’il reprenne « 2 ou 3 bouchées de plus », car plus on force l’enfant, plus il résiste.

7- Refusez les demandes spécifiques, évitez de préparer un repas « juste pour lui », et résistez à la tentation de lui donner à manger 30 minutes après le repas. Cette attention particulière l’encouragerait dans son attitude. Respectez des horaires de repas réguliers, et pendant le repas, expliquez simplement qu’il peut refuser de manger, mais qu’il devra alors attendre le prochain repas, pas avant.

8- Proposez une alimentation saine et équilibrée, contenant les différents groupes d’aliments : légumes, féculents, viande-poisson ou œuf, laitages et fruits. Ne pas oublier que donner l’exemple vaut tous les discours ! L’enfant aura tendance à vous imiter s’il vous voit manger une variété d’aliments sains.

Zoom sur la diversification alimentaire 

La diversification alimentaire démarre entre 4 et 6 mois. Bien souvent, le médecin traitant propose de démarrer tranquillement par une découverte de saveurs, en purées de légumes ou compotes bien lisses. La plupart des enfants sont contents de découvrir ces nouvelles saveurs et ouvrent facilement la bouche pour les premières cuillères.

Pour les autres, le refus de manger est catégorique. Ce refus peut se manifester de différentes manières : n’ouvre pas la bouche, tourne la tête, met ses doigts ou son pouce dans la bouche, présente des réflexes de vomissements et des haut-le-cœur. Lorsque ces signes se manifestent, c’est que le bébé n’est pas encore prêt. Il est possible de faire une pause pendant quelques temps. Le déclic peut prendre plusieurs mois (eh oui…), mais lorsque l’enfant sera prêt, il pourra se mettre à manger presque un pot entier du jour au lendemain. Chaque enfant va à son rythme, faisons-lui confiance !

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